Etat de siège 

         une rencontre artistique entre Garrett List et Mahmoud Darwich

 

 

Par le biais d’internet nous découvrons Etat de siège, un texte du poète palestinien Mahmoud Darwich, écrit à Ramallah (Cisjordanie) en janvier 2002. Touché comme nous par la beauté et l’universalité du texte, Garrett List en entame la composition musicale et en travaille avec nous l’interprétation.

 

La création fournit au groupe des moments de travail intenses et exceptionnels sur un texte magnifique mis en musique par un compositeur et pédagogue d’exception. Elle nous confronte à un nouvel apprentissage : l’écoute, la justesse, le rythme intérieur.

 

En janvier et février 2004, nous faisons appel à Etienne Guichard pour travailler avec lui  la présence scénique, les intentions, la mise en scène. Il sera ultérieurement relayé par Yvette Lecomte.

 

Nous sommes touchés et révoltés par le sort fait à la Palestine et aux Palestiniens, le sort fait aux Israéliens, à ceux d’entre eux qui souhaitent trouver une solution à la question posée inlassablement et de manière meurtrière depuis 1947.

 

Beaucoup de discussions portent aujourd’hui sur la relation entre les Juifs et les Arabes, entre les Israéliens et les Palestiniens. Qu’avons-nous à dire, quelle est notre voix ?

 

Il est un devoir de dire, parler, de ne pas taire. Pour nous, la loi de la jungle, la loi du plus fort, sur le plan politique comme sur le plan économique ne constitue pas un mode de  « vivre ensemble » satisfaisant.

 

Nous chantons Darwich pour porter le plus loin possible cette voix qui, envers et contre tout, chante l’amour et la paix, la vie pour tous.

 

Notre ami et musicien américano liégeois Garrett List nous écrit, pour ce poème, une magnifique cantate à 4 voix. C’est avec bonheur et émotion que nous interprétons cette œuvre sensible, universelle, qui pose des questions sans donner de leçon.

 

 

L’écrivain : Mahmoud Darwich

 

Référence morale pour ses compatriotes, cet écrivain, né en 1942 à  en Palestine, est considéré comme l'un des plus grands poètes arabes vivants.

 

Mahmoud Darwich a dû quitter deux fois son village natal de Galilée : en 1948 d'abord, au moment de la création de l'Etat d'Israël ; puis en 1950, lorsque, à son retour du Liban, la famille Darwich découvre que son village a été rasé et remplacé par une colonie de peuplement israélien.

 

Il est condamné à plusieurs reprises, à cause de ses écrits, à des peines de prison par les Israéliens et il part à nouveau en exil en 1970.

 

En 1971, déjà célèbre, il s'enfuit au Caire. Il y est membre du bureau de l’O.L.P., qu'il accompagne dans sa fuite à Tunis. Il passe enfin dix ans à Paris, son exil le plus lointain, avant de retourner en Israël. En 1996, il s’établit à Ramallah en Cisjordanie, afin d’y poursuivre son œuvre poétique. Il a partagé au printemps 2002 le sort des habitants de Ramallah.

 

Sa poésie dépouillée, avec un lyrisme à peine esquissé, quelques images surréalistes, des bouts de rêves passant à travers le poème, des chants écrits pour des enfants qui découvrent la paix et la fragilité de vivre.

 

Mahmoud Darwich prête voix à son peuple ; la Palestine tend à devenir une métaphore de la condition humaine.

 

Mahmoud Darwich est décédé le 9 août 2008.

 

 

Le compositeur : Garrett LIST

 

Garrett List naît en Arizona en 1943. Il joue du trombone et il chante dès l’âge de sept ans. Il commence à composer vers dix-huit ans.

 

Il part à New York en 1965 pour y suivre des études classiques. Il ressent alors le besoin d’envisager la création musicale selon des principes nouveaux. Il découvre l’improvisation, pas seulement dans le cadre du jazz ou du blues, mais la considère comme une manière de vivre la création musicale de l’intérieur.

 

C’est en 1981 qu’il fonde la classe d’improvisation au Conservatoire Royal de Musique de Liège.  En 1994, il crée le Garrett List Ensemble, enregistre plusieurs CD et présente de nombreux concerts dans différents coins d’Europe.

 

En 2000, il compose et dirige la musique de la pièce Rwanda ’94, produite par le Groupov. A la fois délicate et ambitieuse, cette « tentative de réparation symbolique envers les morts, à l’usage des vivants » a réuni artistes occidentaux et rwandais. 

Le 31 mai 2008

et Cuesmes,

Le 6 décembre 2008